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Qu'est-ce qu'une fracture vertébrale ?

La fracture (ou le tassement) d’un corps vertébral est une pathologie relativement fréquente. En fonction de la forme du trait de fracture, qui va dépendre du mécanisme du traumatisme, on distingue les fractures instables, qui présentent un risque neurologique et vont nécessiter une prise en charge chirurgicale de stabilisation, et les fractures stables, pour lesquelles un traitement conservateur peut être envisagé. Les fractures instables ne seront pas traitées sur cette page.

Quelles sont les causes de fracture vertébrale ?

Pour les traumatismes à haute cinétique, la cause est évidente.

Souvent, le traumatisme responsable de la fracture est minime, voire est passé complètement inaperçu. La principale cause de fracture atraumatique ou liée à un traumatisme à faible cinétique est l’ostéoporose. Il s’agit d’une fragilité osseuse acquise. L’os est alors incapable de répondre à une contrainte mécanique normale, pouvant correspondre au poids du corps et aux éventuelles charges que vous portez sur vos épaules.

Enfin, certaines fractures sont liées à des lésions tumorales osseuses, le plus souvent des métastases cancéreuses, qui vont lyser (ronger) l’os et le fragiliser.

IRM montrant une fracture vertébrale
IRM en coupe sagittale montrant un corps vertébral fracturé (flèche). Le plateau supérieur est affaissé et la vertèbre a perdu de la hauteur. Le corps vertébral apparaît en blanc, contrairement aux vertèbres au dessus et au dessous, ce qui signifie qu'il existe une inflammation autour du foyer de fracture.
Femme présentant des douleurs lombaires

Quels en sont les symptômes ?

Le principal symptôme d’une fracture vertébrale stable est la douleur. Celle-ci est d’intensité variable, pouvant aller de quasi-nulle à insupportable. Ces douleurs sont volontiers d’horaire mécanique, c’est-à-dire majorées lorsque les contraintes mécaniques sur la vertèbre augmentent (station debout, port de charge, torse penché en avant).

Quelle est l'histoire naturelle d'une fracture vertébrale ?

Les os ont la capacité de consolider après une fracture. Les vertèbres ne font pas exception à cette règle. Cependant, s’il est « facile » (mais handicapant) d’immobiliser un membre en attendant la consolidation, cela se complique pour les vertèbres.

Ainsi, la consolidation finit dans la majorité des cas par arriver spontanément, en général après quelques mois, parfois plus d’un an, à l’exception de l’ostéonécrose aseptique ou maladie de Kümmel. L’alitement, traitement historique de ces fractures, permet d’accélérer ce processus, mais se fait au prix de nombreuses complications, et n’est plus recommandée pour le traitement des fractures stables.

Quels sont les traitements possibles ?

Le premier traitement d’une fracture vertébrale stable est le traitement médical. Il s’agit :

  • du repos relatif (pas de port de charge), en évitant autant que possible le décubitus prolongé et ses complications
  • le port d’un corset
  • des médicaments antalgiques, pouvant aller jusqu’aux traitements morphiniques.

Lorsque le traitement médical est mal toléré, ou d’efficacité insuffisante, il est possible de réaliser une cimentoplastie (ou vertébroplastie) afin d’éviter de souffrir pendant les nombreuses semaines ou mois nécessaires à l’obtention d’une consolidation spontanée.

La cimentoplastie consiste à injecter du ciment bio-compatible (PMMA ou poly méthacrylate de méthyle acrylique, communément appelé plexiglass) à travers une aiguille insérée dans le corps vertébral fracturé. Initialement liquide, le ciment va durcir et entraîner la consolidation de la vertèbre fracturée. En durcissant, une réaction chimique se produit, dégageant de la chaleur et brûlant les terminaisons nerveuses qui véhiculent le message de la douleur à votre cerveau. C’est par ces deux actions que la cimentoplastie entraîne une réduction importante des douleurs : diminution en moyenne de 4 points sur une échelle de 0 à 10.

Afin de positionner correctement les aiguilles et contrôler l’injection du ciment, votre radiologue utilisera des moyens avancés d’imagerie pour visualiser précisément la position du matériel et la trajectoire à emprunter : fluoroscopie, cone beam CT et/ou scanner.

Cette procédure ne nécessite aucune incision. Elle se réalise sous sédation ou anesthésie générale : vous ne ressentez aucune douleur. Elle peut se faire en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation d’une nuit, en fonction de votre situation. Vous pouvez reprendre la marche 2 heures après la fin de l’intervention.

Scanner en coupe sagittale après cimentoplastie d'une vertèbre lombaire. Le ciment apparaît en blanc, et remplit la vertèbre.
Scanner en coupe sagittale après cimentoplastie d'une vertèbre lombaire. Le ciment apparaît en blanc, et remplit la vertèbre.

Comment se déroule une cimentoplastie ?

Avant l'intervention

Au cours d’une consultation, votre radiologue confirme le diagnostic. Dans certains cas, il sera amené à vous faire passer une IRM afin de confirmer l’absence de consolidation. Il évalue la sévérité de vos symptômes et s’assure qu’il n’y a pas d’indication à une chirurgie de stabilisation. Il vous explique alors les différentes stratégies de prise en charge possibles. Si vous êtes éligible, il vous explique le déroulement de la cimentoplastie, les bénéfices attendus ainsi que les risques encourus. Il répond à l’ensemble des questions que vous lui poserez. Si besoin, il ajustera vos médicaments, notamment si vous prenez un traitement pour fluidifier le sang.

Si vous acceptez sa proposition de prise en charge, il vous adressera en consultation d’anesthésie. L’intervention sera programmée rapidement, afin de vous soulager de vos douleurs le plus tôt possible.

Indépendamment de la cimentoplastie, il vous adressera vers un médecin spécialiste de l’ostéoporose si nécessaire afin de prévenir l’apparition de nouvelles fractures dans le futur.

Votre médecin restera disponible jusqu’à l’intervention pour répondre à vos questions.

Le jour J

Le jour de l’intervention, vous serez reçu en Unité de Chirurgie Ambulatoire ou en hospitalisation conventionnelle, en fonction de ce qui a été convenu et de votre situation. Une fois les formalités administratives faites, vous vous revêtirez d’une tenue de bloc. Une perfusion sera posée, afin de pouvoir vous administrer des médicaments notamment pour l’anesthésie.

Vous serez ensuite emmené au bloc opératoire, dans une salle d’angiographie répondant à des normes d’hygiène strictes. Votre médecin et le reste de l’équipe feront toutes les vérifications d’usage afin de vous garantir sécurité et sérénité. L’anesthésiste s’occupera de votre sédation ou anesthésie générale.

Votre radiologue réalisera une anesthésie locale en plus de la sédation ou anesthésie générale, afin de garantir votre confort pour la période post-opératoire. Il insérera ensuite les aiguilles dans les étages fracturés en utilisant les appareils de radiographie pour garantir un bon positionnement et une trajectoire sans risque. Toujours sous contrôle radiographique, il injectera le ciment dans les vertèbres fracturées.

Une fois le ciment durci (environ 15 minutes après le mélange de ses composants), le radiologue retire les aiguilles. Il met un pansement simple, comme après une prise de sang (ou plusieurs en fonction du nombre d’aiguilles). L’anesthésiste stoppe vos sédations et s’occupe de vous réveiller.

Vous serez ensuite ramené en salle de réveil, puis dans votre chambre une fois correctement réveillé. Vous resterez en surveillance quelques heures ou jusqu’au lendemain matin, en fonction de votre situation, avant de pouvoir regagner votre domicile.

Après l'intervention

Après votre intervention, le suivi sera coordonné par votre radiologue. Les suites après une cimentoplastie sont habituellement très simples. La procédure ne surajoute pas de douleurs significatives. Parfois, vous pouvez tout de même avoir une sensation de contracture dans le dos qui disparaît en un à deux jours. Concernant vos douleurs préexistantes, un peu moins de la moitié des patients ont une réduction des douleurs quasi-instantanée. Un peu moins de la moitié des patients vont avoir une réduction des douleurs qui va s’installer progressivement en quelques jours voire quelques semaines.

Votre radiologue vous aura donné des consignes qu’il faudra respecter après l’intervention. Tout d’abord, il faudra éviter le port de charges. En effet, si les vertèbres fracturées ont été traitées, la fragilité osseuse reste présente sur les autres vertèbres. Il faudra ensuite démarrer la rééducation douce 5 jours après l’intervention, afin de renforcer les muscles péri-vertébraux. Enfin, il vous aura expliqué que vous devez le contacter en cas de réapparition de douleurs après un intervalle libre afin qu’il élimine une nouvelle fracture. Il en sera de même en cas de fièvre, bien que cela soit exceptionnel.

En dehors de ces situations, il vous reverra de façon systématique à un mois de l’intervention, pour s’assurer de la bonne évolution de vos symptômes, et de la mise en place de la rééducation et du bilan d’ostéoporose. En général, aucun suivi au long cours n’est nécessaire. Si nécessaire, votre radiologue pourra être amené à vous prescrire des examens complémentaires et organiser un suivi.

Quelles sont les complications possibles après une cimentoplastie ?

Les risques d’une cimentoplastie réalisée par un médecin expert sont très faibles. Néanmoins, comme toute procédure médicale, quelques complications restent possibles :

  • un hématome au point de ponction, très rarement significatif
  • une infection du site opératoire
  • une fuite de ciment pendant l’injection, avant le durcissement. Comme votre médecin contrôle l’injection en direct et en continu, il est exceptionnel que cette fuite soit significative et entraîne des symptômes.

Références bibliographiques

  • Klazen CA, Lohle PN, De Vries J, et al (2010) Vertebroplasty versus conservative treatment in acute osteoporotic vertebral compression fractures (Vertos II): an open-label randomised trial. The Lancet 376:1085–1092. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(10)60954-3
  • Dang S-J, Wei W-B, Wei L, Xu J (2022) Vertebroplasty combined with facet joint block vs. vertebroplasty alone in relieving acute pain of osteoporotic vertebral compression fracture: a randomized controlled clinical trial. BMC Musculoskelet Disord 23:807. https://doi.org/10.1186/s12891-022-05753-4
  • Carli D, Venmans A, Lodder P, et al (2023) Vertebroplasty versus Active Control Intervention for Chronic Osteoporotic Vertebral Compression Fractures: The VERTOS V Randomized Controlled Trial. Radiology 308:e222535. https://doi.org/10.1148/radiol.222535

Dernière mise à jour le 02/03/2026 par le Docteur Pierre-Marie Chiaroni