L’ostéoporose est une maladie responsable d’une fragilité osseuse. Cette fragilité va entraîner un risque fracturaire même en l’absence de traumatisme important. En général, les fractures font suite à une simple chute. Parfois, aucun traumatisme n’est retrouvé. Ces fractures sont responsables de douleurs importantes et prolongées. Ces douleurs incitent à l’alitement, ce qui entraîne une dégradation de la qualité de vie, et aussi des complications qui lui sont propres (risque de thrombose, perte de masse musculaire, …). Ces complications sont d’autant plus graves s’il existe une fragilité sous-jacente, qu’elle soit liée à l’âge ou à d’autres pathologies.
Plus rarement, la fragilité osseuse va être due à une autre pathologie, par exemple la présence de métastases cancéreuses.
Le diagnostic des fractures du sacrum n’est pas toujours facile. Les signes cliniques sont peu spécifiques, et en l’absence de traumatisme, il n’est pas aisé de penser à ce diagnostic. Pour ne rien arranger, les radiographies sont souvent normales. L’imagerie en coupes (scanner et IRM) est la référence pour faire le diagnostic. Elle montre le trait de fracture, et l’œdème osseux adjacent. Cependant, le scanner peut également être pris en défaut lorsque la fracture n’est pas déplacée, et l’os très déminéralisé.
Si les douleurs sont peu importantes, un traitement médical seul peut être envisagé. Il consiste à administrer un traitement antalgique, afin de soulager les douleurs. Ce traitement peut aller jusqu’aux morphiniques, sous réserve d’une bonne tolérance.
Autant que possible, la station debout doit être favorisée au maximum afin d’éviter les complications de décubitus.
Lorsque les douleurs sont insuffisamment soulagées, que le traitement médical est mal toléré, ou lorsque la station debout n’est plus possible, il est possible de réaliser une ostéosynthèse renforcée percutanée du sacrum. Ce traitement permet une diminution rapide des douleurs, et la reprise de la marche.
L’ostéosynthèse renforcée percutanée du sacrum est une technique proche de la cimentoplastie. Par le biais d’aiguilles qui sont insérées dans le sacrum par voie trans-sacro-iliaque (c’est à dire un abord postéro-latéral), une ou plusieurs vis sont mises en place, franchissant les traits de fractures. Il s’agit de l’ostéosynthèse. À l’aide d’autres aiguilles, du ciment est ensuite ajouté, à la fois pour remplir le trait de fracture, mais aussi pour favoriser un ancrage de la vis, qui risquerait sinon d’être mobile du fait de la porosité de l’os malade. Il s’agit du « renforcement » dans l’intitulé de la procédure.
L’ajout de vis est indispensable pour garantir une consolidation satisfaisante. En effet, les propriétés du ciment le rendent très résistant aux forces de compression. Il est donc parfaitement adapté au traitement d’une fracture vertébrale, puisque la vertèbre est principalement soumise à des forces de compression exercées par les vertèbres situées au-dessus. En revanche, le sacrum est également soumis à des forces de rotation et à des forces de cisaillement. C’est pour ces raisons biomécaniques que l’ajout de vis en titane est nécessaire.
Afin de positionner correctement les aiguilles et contrôler l’injection du ciment, votre radiologue utilisera des moyens avancés d’imagerie pour visualiser précisément la position du matériel et la trajectoire à emprunter : fluoroscopie, cone beam CT et/ou scanner.
Cette procédure nécessite la réalisation d’une petite incision (< 5 mm) par vis, ne laissant pas de cicatrice significative. Les aiguilles utilisées pour l’injection du ciment ne nécessitent pas d’incision. Elle est réalisée sous anesthésie générale, afin de garantir votre confort, et permettre un positionnement extrêmement précis des vis. Elle se fait au cours d’une courte hospitalisation d’une nuit après l’intervention. Vous pouvez reprendre la marche quelques heures après l’intervention une fois les effets de l’anesthésie dissipés.

Scanner après vissage bilatéral et cimentoplastie du sacrum. Les vis réalisent un pont allant d'os sain à os sain, en passant par les traits de fractures. Du ciment est rajouté pour renforcer le montage.
Au cours d’une consultation, votre radiologue confirme le diagnostic. Il évalue la sévérité de vos symptômes. Il s’assure qu’un traitement médical optimal et bien conduit a été entrepris. Il vous explique alors les différentes stratégies de prise en charge possibles. Si vous êtes éligible, il vous explique le déroulement de l’ostéosynthèse renforcée, les bénéfices attendus ainsi que les risques encourus. Il répond à l’ensemble des questions que vous lui poserez. Si besoin, il ajustera vos médicaments, notamment si vous prenez un traitement pour fluidifier le sang.
Si vous acceptez sa proposition de prise en charge, il vous adressera en consultation d’anesthésie. L’intervention sera programmée rapidement, afin de vous soulager de vos douleurs le plus tôt possible.
Par ailleurs, il vous adressera vers un médecin spécialiste de l’ostéoporose si vous n’êtes pas déjà suivi, afin de prévenir l’apparition de nouvelles fractures dans le futur.
Votre médecin restera disponible jusqu’à l’intervention pour répondre à vos questions.
Le jour de l’intervention, vous serez reçu en hospitalisation. Une fois les formalités administratives faites, vous vous revêtirez d’une tenue de bloc. Une perfusion sera posée, afin de pouvoir vous administrer des médicaments notamment pour l’anesthésie.
Vous serez ensuite emmené au bloc opératoire, dans une salle répondant à des normes d’hygiène strictes. Votre médecin et le reste de l’équipe feront toutes les vérifications d’usage afin de vous garantir sécurité et sérénité. L’anesthésiste s’occupera de votre anesthésie générale.
Votre radiologue réalisera une anesthésie locale en plus anesthésie générale, afin de garantir votre confort pour la période post-opératoire. Il insérera ensuite les aiguilles par voie postéro-latérale, de façon perpendiculaire par rapport aux traits de fractures, en utilisant les appareils de radiographie et scanographie pour garantir un bon positionnement et une trajectoire sans risque. Toujours sous contrôle radiographique, il positionnera la ou les vis, et injectera le ciment dans le site fracturaire.
Une fois le ciment durci (environ 15 minutes après le mélange de ses composants), le radiologue retire les aiguilles. Il met un pansement simple, comme après une prise de sang (ou plusieurs en fonction du nombre d’aiguilles). Un unique point de suture sera nécessaire pour chaque vis insérée. L’anesthésiste s’occupe de vous réveiller.
Vous serez ensuite ramené en salle de réveil, puis dans votre chambre une fois correctement réveillé. Il vous sera alors possible de marcher si vous le souhaitez. Vous resterez en surveillance jusqu’au lendemain matin, avant de pouvoir regagner votre domicile.
Après votre intervention, le suivi sera coordonné par votre radiologue. Les suites après une ostéosynthèse renforcée sont habituellement très simples. La procédure ne surajoute pas de douleurs significatives. Parfois, vous pouvez tout de même avoir une sensation de contracture dans le bas du dos qui disparaît en un à deux jours. Concernant vos douleurs préexistantes, elles vont rapidement diminuer dans les heures et jours qui suivent.
Votre radiologue vous aura donné des consignes qu’il faudra respecter après l’intervention. Tout d’abord, il faudra éviter le port de charges. En effet, si le sacrum fracturé a été traité, la fragilité osseuse reste présente sur les autres os. Il faudra ensuite démarrer la rééducation douce 5 jours après l’intervention, afin de renforcer la musculature du dos et du bassin. Enfin, il vous aura expliqué que vous devez le contacter en cas de réapparition de douleurs après un intervalle libre afin qu’il élimine une nouvelle fracture. Il en sera de même en cas de fièvre, bien que cela soit rare.
En dehors de ces situation, il vous reverra de façon systématique à 2 semaines de l’intervention, pour s’assurer de la cicatrisation et du retrait des points de suture, et de la mise en place de la rééducation et du bilan d’ostéoporose. Il vous reverra également à 6 semaines, pour s’assurer de la bonne évolution de vos douleurs. En général, aucun suivi au long cours n’est nécessaire, mais dans certains cas votre radiologue pourra être amené à vous prescrire des examens complémentaires et organiser une surveillance.
Les risques d’une ostéosynthèse renforcée du sacrum réalisée par un médecin expert sont faibles.
Néanmoins, comme toute procédure médicale, quelques complications restent possibles :
Dernière mise à jour le 02/03/2026 par le Docteur Pierre-Marie Chiaroni