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Qu'est-ce que la capsulite rétractile ?

La capsulite rétractile, parfois appelée épaule gelée, est une maladie inflammatoire responsable de douleurs importantes de l’épaule et d’une limitation de la mobilité. Il est observé, chez les patients présentant des symptômes compatibles avec cette maladie, un épaississement et un raccourcissement de la capsule articulaire (qui entoure l’articulation) et la formation d’adhérences, ce qui a donné son nom à cette maladie.

L’origine de cette maladie n’est pas clairement identifiée. Une histoire de traumatisme du membre supérieur est souvent retrouvée avant l’apparition de cette pathologie, néanmoins une portion importante des patients ne présente aucun évènement déclencheur. Les femmes autour de 50 ans, en particulier diabétiques, sont les plus fréquemment touchées par cette pathologie, bien que n’importe qui puisse en être atteint.

Quels sont les symptômes de la capsulite rétractile ?

Cette pathologie associe en général :

  • Des douleurs importantes de l’épaule concernée. Ces douleurs perturbent souvent le sommeil, et empêchent en particulier de dormir avec l’épaule contre le matelas.
  • Une limitation de l’amplitude articulaire passive comme active. La mobilisation déclenche les douleurs. Cette limitation est particulièrement marquée pour la rotation externe.

Comment évolue la capsulite rétractile ?

La capsulite rétractile a initialement été décrite dans les années 1970, de façon erronée, comme une maladie bénigne, d’évolution spontanément favorable, évoluant en 3 phases : une phase de douleurs, une phase de rigidité, et une phase de récupération, durant quelques mois à quelques années.

Une revue systématique de la littérature plus récente, publiée en 2017, montre que ce n’est pas le cas. Tout d’abord, s’il y a bien une récupération spontanée, en l’absence de traitement, celle-ci est souvent partielle. Ensuite, la majorité de la récupération s’effectue précocement : plus le temps passe, plus les progrès sont lents et faibles. Enfin, la récupération est incomplète en l’absence de traitement dans un peu moins de la moitié des cas.

Malheureusement, cette théorie, qui date de plusieurs décennies et qui n’est pas supportée par des données scientifiques, a la vie dure. De nombreuses sources d’informations continuent de la propager, aussi bien sur internet que dans des livres médicaux. Cela a pour conséquence d’induire de nombreux patients à ne pas recourir à un traitement, ou tout au moins à le retarder, ce qui conduit à un moins bon pronostic.

Quels sont les traitements de la capsulite rétractile ?

Du fait de l’histoire naturelle de cette maladie détaillée ci-dessus, un traitement doit toujours être entrepris afin d’obtenir une récupération la plus précoce possible, et la plus complète possible. Ce traitement va toujours inclure un traitement médical non pharmacologique, souvent un traitement pharmacologique, et parfois un traitement mini-invasif. Le recours au traitement chirurgical est devenu rare.

Traitement médical non pharmacologique

La rééducation est le pilier du traitement de la capsulite rétractile. Elle va permettre d’assouplir la capsule articulaire, de regagner de la mobilité et donc de l’autonomie, et va permettre de diminuer les douleurs à long terme.

Les modalités de cette rééducation sont sujettes à débat, avec de nombreuses techniques proposées. Il n’existe pas de preuve scientifique forte qui oriente vers une modalité plutôt qu’une autre, aussi il ne me semble pas pertinent de les développer sur cette page. Si les modalités exactes de la rééducation font débat, il y a en revanche un consensus fort sur l’intérêt d’effectuer une ré-éducation.

En plus de la rééducation, des mesures simples comme l’application de chaud ou de froid sur l’articulation peut aider à diminuer les douleurs.

Traitement médical pharmacologique

Le traitement pharmacologique est constitué de médicaments antalgiques simples tel que le paracétamol et de médicaments anti-inflammatoires, stéroïdiens ou non. Ils peuvent avoir un intérêt, en particulier pendant les pics douloureux. La durée du traitement doit être limitée autant que possible.

Traitement interventionnel

Infiltration et distension capsulaire

Il s’agit d’un traitement interventionnel de première ligne car le moins invasif et présentant un risque de complication très faible. Il consiste à ponctionner sous anesthésie locale à l’aide d’une aiguille fine l’articulation. Ensuite, un médicament anti-inflammatoire va être injecté dans l’articulation. Son intérêt va être de diminuer efficacement l’inflammation et donc les douleurs, au moins transitoirement, tout en limitant autant que possible les effets systémiques du médicament.

La distension capsulaire consiste à injecter doucement un volume plus important de liquide (en général un mélange de produit de contraste iodé, sérum physiologique et/ou anesthésiant local) afin d’étirer la capsule articulaire.

Ces traitements vont permettre d’optimiser la rééducation, en autorisant des mouvements plus amples grâce à la diminution des douleurs.

Embolisation

L’embolisation des artères de l’épaule (artères qui alimentent l’inflammation de la capsule articulaire), est une procédure mini-invasive pratiquée depuis une dizaine d’années dans le traitement de la capsulite rétractile résistante au traitement médical. Cette procédure est réalisée par un radiologue interventionnel expérimenté. Elle consiste à insérer un cathéter de petite taille (en général 1,3 mm de diamètre) dans une artère du poignet ou de l’aine après une anesthésie locale efficace et/ou sédation. Depuis cette artère, sans faire de nouvelle ponction, le cathéter va être dirigé vers les différentes artères alimentant votre épaule. Les vaisseaux pathologiques qui entretiennent votre inflammation vont être identifiées grâce à l’injection d’un produit de contraste iodé. Ils vont enfin être occlus transitoirement par l’injection d’un agent embolique.

Cette occlusion transitoire va permettre à la fois d’arrêter le flux sanguin qui entretient de votre inflammation, et également d’éteindre la prolifération de fibres nerveuses créées par l’inflammation chronique et qui sont responsables d’une hypersensibilité à la douleur. Le fait que cette occlusion soit transitoire est suffisant pour améliorer vos symptômes, tout en garantissant que vos organes sains ne seront pas privés d’oxygène et nutriments.

Cette intervention est indolore et ne laisse aucune cicatrice. Elle se réalise habituellement en unité de chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire que vous ne passerez pas la nuit à l’hôpital. Il est possible que vous ayez une exacerbation transitoire et modérée de vos symptômes pendant 24 à 48h après la procédure, qui ne doit pas vous inquiéter.

Les bénéfices attendus de cette procédure sont une diminution importante de vos douleurs, une amélioration de votre autonomie. La diminution des douleurs va permettre de potentialiser la kinésithérapie, et donc d’accélérer et augmenter vos gains de mobilité articulaire.

Angiographie d'une artère humérale circonflexe, vascularisant l'épaule. Les vaisseaux apparaissent en gris foncé / noir. Cette étape permet de vérifier le bon positionnement du cathéter, de confirmer qu'il y a des vaisseaux anormaux alimentant la capsulite rétractile, et de s'assurer que seule l'épaule est alimentée par les vaisseaux qui vont être occlus.

Traitement chirurgical

La chirurgie de la capsulite rétractile est réservée aux quelques cas de capsulite rétractile résistant à toutes les thérapeutiques sur des périodes prolongées (> 1 an). Elle consiste à introduire une caméra (arthroscope) dans l’articulation et à rompre les adhérences au niveau de la capsule articulaire.

Comment se déroule une embolisation de capsulite rétractile ?

Avant l'intervention

Au cours d’une consultation, votre radiologue confirme le diagnostic. Il évalue la sévérité de vos symptômes. Il s’assure de l’absence de diagnostic différentiel. Il vous explique alors les différentes stratégies de prise en charge possibles, et vérifie qu’un traitement médical bien conduit a été entrepris. Il peut être amené à réaliser une infiltration et une capsulo-distension. Si vous êtes éligible, il vous explique le déroulement de l’embolisation, les bénéfices attendus ainsi que les risques encourus. Il s’assurera avec vous que le traitement qu’il vous propose répondra à vos attentes et à la problématique qui est la vôtre. Il répond à l’ensemble des questions que vous poserez. Si besoin, il ajustera vos médicaments. Enfin, en fonction de votre situation, il pourra vous proposer un deuxième avis auprès d’un chirurgien orthopédique qui pourra vous présenter l’option chirurgicale.

Si vous acceptez sa proposition, il vous prescrira des examens complémentaires nécessaires à votre prise en charge : une prise de sang, des radiographies si les vôtres ne sont pas récentes, une échographie ou éventuellement une IRM. Il vous adressera en consultation d’anesthésie si cela est nécessaire. L’intervention sera programmée après un délai de réflexion pendant lequel vous pouvez lui poser des questions supplémentaires, ou simplement changer d’avis si vous le désirez. Une ordonnance pour les médicaments qui vous seront utiles après l’intervention vous sera remise dès à présent, afin de préparer les suites de l’intervention.

Si vous ne souhaitez pas d’embolisation, il conviendra avec vous d’un suivi médical si cela est nécessaire.

Le jour J

Le jour de l’intervention, vous serez reçu en Hôpital de Jour ou Unité de Chirurgie Ambulatoire. Une fois les formalités administratives faites, vous vous revêtirez d’une tenue de bloc. Une perfusion sera posée, afin de pouvoir vous administrer des médicaments si nécessaire.

Vous serez ensuite accompagné au bloc opératoire, dans une salle d’angiographie répondant à des normes d’hygiène strictes. Votre médecin et le reste de l’équipe feront toutes les vérifications d’usage afin de vous garantir sécurité et sérénité. Si nécessaire, l’anesthésiste s’occupera de vous détendre et rendre l’intervention le plus confortable possible.

Votre radiologue réalisera une anesthésie locale efficace au niveau du poignet, puis il insérera un cathéter dans vos artères, qu’il conduira jusqu’aux artères alimentant votre épaule. Il injectera l’agent embolique afin de boucher les vaisseaux malades alimentant l’inflammation de votre épaule, tout en préservant la vascularisation saine alimentant les organes voisins.

Il retirera ensuite le cathéter et posera un bracelet compressif afin de permettre la cicatrisation de l’artère par laquelle le matériel a été introduit. L’intervention dure environ 1 heure 30.

Vous serez ensuite raccompagné vers votre chambre, après un passage en salle de réveil si nécessaire. Vous resterez en surveillance pendant environ 2 heures et pourrez ensuite regagner votre domicile.

Après l'intervention

Après votre intervention, le suivi sera coordonné par votre radiologue. Il est possible que vous ressentiez un syndrome post-embolisation. Celui-ci dure quelques jours au maximum. Il se caractérise par des douleurs modérées, peu intenses. Des médicaments vous ont été prescrits afin de limiter ce syndrome post-embolisation et garantir votre confort. Des consignes vous auront été données notamment sur les signes qui doivent vous amener à consulter précocement votre médecin : apparition d’une fièvre, apparition d’une tuméfaction au point de ponction.

Rapidement, au bout de quelques jours, vous allez constater une amélioration progressive de vos douleurs. Cette amélioration va se poursuivre pendant plusieurs semaines, avant de se stabiliser et vous soulager durablement. Il est souhaitable que vous réalisiez la kinésithérapie que votre radiologue vous aura prescrit, afin d’augmenter au maximum les bénéfices de l’intervention.

Votre médecin reste disponible pour vous recevoir après l’intervention si besoin. Une consultation systématique sera organisée à 1 mois et à 6 mois afin de s’assurer de l’évolution favorable de vos symptômes et de l’absence de complication. Un suivi sur le long terme sera alors mis en place.

Quelles sont les complications possibles de l'embolisation d'épaule ?

Les principaux essais cliniques ne retrouvent aucune complication grave secondaire à cette procédure. Comme pour tout traitement, y compris médicamenteux, des complications peuvent tout de même survenir, bien que rares. Celles-ci sont :
  • Un hématome au point de ponction
  • Une décoloration cutanée transitoire de l’épaule pendant quelques jours

Références bibliographiques

  • Okuno, Y., Iwamoto, W., Matsumura, N., Oguro, S., Yasumoto, T., Kaneko, T., & Ikegami, H. (2017). Clinical outcomes of transcatheter arterial embolization for adhesive capsulitis resistant to conservative treatment. Journal of Vascular and Interventional Radiology, 28(2), 161-167.
  • Allaw, S., Khabaz, K., Yu, Q., & Ahmed, O. (2025). Transarterial embolization for refractory adhesive capsulitis and related tendinopathies: a systematic review and meta-analysis. Journal of Vascular and Interventional Radiology

Dernière mise à jour le 02/03/2026 par le Docteur Pierre-Marie Chiaroni