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Qu'est-ce qu'un fibrome utérin ?

Les fibromes utérins ou léiomyomes utérins sont des lésions bénignes développées aux dépens de l’utérus. Ils peuvent se situer au sein de la paroi de l’utérus, ou bomber soit vers l’intérieur (vers la cavité utérine), soit vers l’extérieur (vers la cavité abdominale).

Avoir au moins un fibrome utérin est extrêmement fréquent, avec une fréquence estimée à environ 70% à l’âge de 45 ans. Dans la grande majorité des cas, ils n’entraînent aucun symptôme et ne présentent pas de danger.

Quelles peuvent être les conséquences ?

Bien que la majorité des fibromes utérins soient asymptomatiques, certains peuvent tout de même entraîner des conséquences, en général lorsque leur taille devient trop importante, ou lorsqu’ils sont en contact avec la muqueuse utérine. Ces conséquences peuvent être:

  • Sensation de pesanteur pelvienne, voire de douleurs pelviennes
  • Saignements gynécologiques
  • Perception d’une tuméfaction de l’abdomen
  • Constipation par compression du tube digestif
  • Besoins trop fréquents d’uriner (pollakiurie), par compression de la vessie
  • Diminution de la fertilité

IRM montrant des fibromes utérins
Coupe sagittale d'une IRM pelvienne montrant un utérus (pointillés rouges) présentant plusieurs myomes à distance de la cavité utérine.

Comment faire le diagnostic de fibrome utérin ?

Lorsque des symptômes évocateurs font suspecter le diagnostic, des examens d’imagerie vont permettre de le confirmer. Il peut s’agit d’une échographie pelvienne, en général par voie endo-vaginale (permettant d’avoir des images de bien meilleure qualité de l’utérus et des ovaires), ou d’une IRM pelvienne.

En plus d’en faire le diagnostic, ces examens permettent de faire une cartographie précise des fibromes, très utile si un traitement interventionnel ou chirurgical est envisagé.

Enfin, ces examens vont permettre de rechercher d’autres diagnostics, associés ou non à des fibromes utérins.

Quels sont les traitements des fibromes utérins ?

Abstention thérapeutique

Si les fibromes ont été découverts fortuitement, et qu’ils n’entraînent pas ou peu de symptômes, aucun traitement et aucune surveillance ne sont en général nécessaires.

Traitement médical

Lorsque les symptômes sont significatifs, un traitement médical peut être introduit par votre gynécologue. La nature de ce traitement dépendra de nombreux facteurs, dont vos éventuels autres problèmes de santé, votre âge, votre éventuel désir de grossesse, etc.

Les traitements médicaux possibles incluent des traitements anti-douleurs et anti-inflammatoires, visant uniquement les symptômes, et/ou des traitements hormonaux.

Embolisation des artères utérines

Lorsque les symptômes sont invalidants, et que le traitement médical est en échec, par insuffisance de résultat ou intolérance, l’embolisation des artères utérines est une option envisageable pour lutter contre les symptômes. Cette technique mini-invasive, se réalisant généralement sous sédation, consiste introduire un cathéter au niveau du pli de l’aine ou du poignet, qui sera ensuite dirigé à l’intérieur de vos vaisseaux jusque dans les artères alimentant les fibromes utérins, en utilisant des appareils d’imagerie pour repérer la position du cathéter et le diriger. Une fois le cathéter correctement positionné, des petites billes sphériques vont être injectées dans les vaisseaux alimentant les fibromes afin de les occlure.

L’occlusion de ces petites artères va permettre d’entraîner une nécrose des fibromes utérins tout en préservant l’utérus sain et les organes de voisinage (ovaires, rectum, vessie, …). A court terme, cette nécrose entraîne des douleurs pelviennes pendant quelques jours, qui seront traitées par des médicaments, et parfois des saignement gynécologiques de faible abondance. Rapidement, les fibromes vont rétrécir de façon importante, et vos symptômes vont disparaitre. S’il existe également une adénomyose utérine, celle-ci sera traitée dans le même temps par l’embolisation.

Chirurgie

Lorsque les symptômes sont invalidants et que le traitement médical est en échec, la chirurgie est une option envisageable pour récupérer une bonne qualité de vie. Plusieurs techniques sont possibles en fonction du nombre et de la localisation des fibromes, ainsi que de votre volonté de conserver votre utérus ou non.

L’hystérectomie consiste à retirer les fibromes et l’utérus dans le même temps. La myomectomie consiste à ne retirer que les fibromes, en laissant l’utérus sain. Si vous vous orientez vers cette option, votre chirurgien sera le plus à même de vous exposer les différentes techniques chirurgicales applicables dans votre cas spécifique, ainsi que les avantages et les inconvénients de chacune de ces techniques.

Photo d'une femme enceinte

Quelles conséquences sur la fertilité ?

Étant donné que les fibromes utérins concernent en général des femmes en âge de procréer, la fertilité est souvent au centre des interrogations de la patiente souffrant de fibromes. Certains fibromes peuvent gêner l’implantation de l’œuf au sein de la cavité utérine.

La place des techniques invasives reste aujourd’hui encore sujet à d’éternels débats entre experts prenant en charge cette pathologie. Cela s’explique par l’absence de démonstration de la supériorité d’une technique par rapport à l’autre entre la myomectomie et l’embolisation des artères utérines chez les femmes souhaitant avoir un enfant.

Comment se déroule une embolisation des artères utérines ?

Avant l'intervention

Au cours d’une consultation, votre radiologue confirme le diagnostic, évalue la sévérité de vos symptômes et recherche d’éventuelles complications. Il s’assure de l’absence de diagnostic différentiel. Il vous présente alors les différentes stratégies de prise en charge possibles. Si vous êtes éligible à l’embolisation, il vous explique le déroulement de l’interevention, les bénéfices attendus ainsi que les risques encourus. Il s’assurera avec vous que le traitement qu’il vous propose répondra à vos attentes et à la problématique qui est la vôtre. Il répond à l’ensemble des questions que vous posez. Si besoin, il ajustera vos médicaments. Enfin, il vous proposera de prendre un deuxième avis, si vous le souhaitez et si ce n’est pas déjà fait, auprès d’un chirurgien qui pourra vous présenter les autres traitements possibles.

Si vous acceptez sa proposition de prise en charge, il vous prescrira des examens complémentaires nécessaires et vous adressera en consultation d’anesthésie. Si l’indication est confirmée, et en l’absence de contre-indication, l’intervention sera programmée, ce qui vous aura laissé un délai de réflexion pendant lequel vous pouvez lui poser des questions supplémentaires, ou simplement changer d’avis si vous le désirez. Une ordonnance pour les médicaments qui vous seront utiles après l’intervention vous sera remise lors de cette consultation, afin de préparer les suites de l’intervention.

Si vous ne souhaitez pas de traitement, il conviendra avec vous d’un suivi médical si cela est nécessaire.

Le jour J

Le jour de l’intervention, vous serez reçu en hospitalisation. Une fois les formalités administratives faites, vous vous revêtirez d’une tenue de bloc. Une perfusion sera posée, afin de pouvoir vous administrer des médicaments si nécessaire.

Vous serez ensuite accompagné au bloc opératoire, dans une salle d’angiographie répondant à des normes d’hygiène strictes. Votre médecin et le reste de l’équipe feront toutes les vérifications d’usage afin de vous garantir sécurité et sérénité. L’anesthésiste s’occupera de vous détendre et rendra l’intervention le plus confortable possible par une sédation si nécessaire.

Votre radiologue insérera un cathéter dans vos artères, qu’il conduira jusqu’aux artères alimentant les fibromes utérins. Il injectera les microbilles afin de boucher la microcirculation alimentant les fibromes et/ou l’adénomyose utérine, tout en préservant la vascularisation saine alimentant les organes voisins.

Il retirera ensuite le cathéter et réalisera une compression avec sa main afin de permettre la cicatrisation de l’artère par laquelle le matériel a été introduit, puis posera un pansement compressif. Alternativement, si un abord radial avait été choisi, un bracelet compressif sera posé au poignet. L’intervention dure environ 1 heure 30.

Vous serez ensuite raccompagné dans votre chambre, après un passage en salle de réveil si nécessaire. Vous resterez sous surveillance une nuit, et pourrez ensuite regagner votre domicile.

Après l'intervention

Après votre intervention, le suivi sera coordonné par votre radiologue. Il est habituel que vous ressentiez un syndrome post-embolisation. Celui-ci dure environ 5 à 10 jours. Il confirme qu’un traitement agressif sur vos fibromes a eu lieu, et ne constitue aucunement un signe de complication. Il se caractérise par des douleurs pelviennes, et parfois des saignements gynécologiques de faible abondance. Des médicaments vous ont été prescrits afin de limiter ce syndrome post-embolisation et garantir votre confort. Des consignes vous auront été données notamment sur les signes qui doivent vous amener à consulter précocement votre médecin : apparition d’une fièvre, apparition d’une boule au point de ponction.

Rapidement, à partir de la deuxième semaine, vous allez constater une amélioration progressive de vos symptômes. Cette amélioration va se poursuivre pendant plusieurs semaines, avant de se stabiliser et vous soulager durablement.

Votre médecin reste disponible pour vous recevoir après l’intervention si besoin. Une consultation systématique sera organisée à 3-6 mois afin de s’assurer de l’évolution favorable de vos symptômes et de l’absence de complication. Un suivi sur le long terme sera alors mis en place.

Quelles sont les complications possibles après une embolisation des artères utérines ?

Comme pour tout traitement, y compris médicamenteux, des complications peuvent tout de même survenir, bien que rares. Celles-ci sont :
  • Hématome au point de ponction
  • Insuffisance ovarienne précoce (<1%)
  • Infection

Références bibliographiques

  • Peng, J., Wang, J., Shu, Q., Luo, Y., Wang, S., & Liu, Z. (2024). Systematic review and meta-analysis of current evidence in uterine artery embolization vs myomectomy for symptomatic uterine fibroids. Scientific reports, 14(1), 19252.
  • Daniels, J., Middleton, L. J., Cheed, V., McKinnon, W., Sirkeci, F., Manyonda, I., … & Femme Trial Collaborative Group. (2022). Uterine artery embolization or myomectomy for women with uterine fibroids: Four-year follow-up of a randomised controlled trial. European journal of obstetrics & gynecology and reproductive biology: X, 13, 100139.

Dernière mise à jour le 02/03/2026 par le Docteur Pierre-Marie Chiaroni